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Les micro-certifications, une nouvelle stratégie pour se former ?

 Les micro-certifications, une nouvelle stratégie pour se former ?

En quelques années, le système de la formation professionnelle en France a été profondément remanié. Dans le même temps, l’Union européenne a souligné l’importance d’accélérer la généralisation des micro-certifications. Ces dernières doivent permettre de mieux répondre aux nombreuses mutations (actuelles et à venir). Il s’agit non seulement de répondre aux besoins et attentes des actifs, mais aussi de satisfaire aux exigences des acteurs économiques, qui ont besoin de ces nouvelles compétences. Comment ces micro-certifications s’imposent dans les multiples dispositifs existants en France ? F2i Formation vous explique tout sur ces micro-certifications, qui complètent ainsi un panel de solutions déjà très élargi. 

Rendre les parcours de formation plus souple et plus accessible : un enjeu majeur !

Le système de la formation professionnelle et de l’apprentissage en France reste un modèle que de nombreux pays européens nous envient. Le Compte Personnel de Formation (CPF) concentre l’attention d’un certain nombre de gouvernements, qui envisagent une transcription d’un tel dispositif dans le droit de leur pays respectif. Pour autant, des axes d’amélioration restent à développer. Ce constat a été dressé par l’ensemble des pays de l’Union européenne en 2022. Les autorités européennes ont ainsi dresser un constat, auquel elles doivent désormais apporter des réponses et des solutions. 

Les transitions actuelles, qu’elles soient écologiques ou numériques, organisationnelles ou managériales, exigent des actifs de demain l’acquisition de nouvelles compétences. Ces dernières s’accroissent régulièrement au gré des innovations techniques notamment. Or, les systèmes de formation traditionnelle (système scolaire, enseignement supérieur, …) peinent à s’adapter en temps réel à ces évolutions. Cela conduit, dans bien des secteurs, à un manque de profils attestant des compétences recherchées. Cette menace de la pénurie de compétences reste prise très au sérieux, dans la mesure où elle met en péril le développement de l’économie et la montée en puissance des acteurs économiques. Aussi, les autorités européennes ont publié un avis en juin 2022 pour demander  « une approche européenne des micro-certifications pour l’apprentissage tout au long de la vie et l’employabilité. »

Après la pandémie de Covid-19, les autorités européennes ont observé une accélération des changements sociétaux, changements entraînant des transformations profondes du marché du travail. La recommandation du 16 juin 2022 dresse le constat suivant : « La reprise à la suite de la pandémie de Covid-19 ainsi que les transitions écologique et numérique ont accéléré le rythme des changements dans la manière dont nous vivons, apprenons et travaillons ».  Constatant que le système de formation plus conventionnel ne peut répondre intégralement et parfaitement à cette problématique, les 27 pays de l’Union européenne se sont alors accordés pour mettre en avant les micro-certifications.  Pour pouvoir disposer d’une vision commune de cette nouvelle forme de formation, les auteurs du texte se sont efforcés d’en donner une définition, en faisant reposer cette dernière sur deux socles constitutifs : 

  1. Les micro-certifications doivent garantir un « acquis d’apprentissage obtenus à la suite d’un petit volume d’apprentissage. ». Ce dispositif doit donc se caractériser par une durée courte, voire très courte (de quelques heures à quelques jours) et permettre d’acquérir une compétence, un savoir-faire immédiatement mobilisable 
  2. D’un autre côté, ces micro-certifications, qui ne peuvent jamais viser à l’exercice d’un métier, doivent également être « empilables ». En d’autres termes, elles doivent permettre, si l’apprenant le souhaite, servir à l’obtention d’autres compétences et même s’inscrire dans le parcours visant à obtenir un diplôme. 

Acquérir des compétences, les unes après les autres, constitue donc la solution conseillée par l’Union européenne en 2022. 

Vers davantage de micro-formations ou vers une consécration des actions de formation plus ambitieuses ? 

En décembre 2025, la commission européenne a publié un rapport sur l’approche des micro-certifications par les 27 pays de l’Union Européenne et par l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège (Source : « Progress report on the implementation of the Council Recommendation on a European approach to micro-credentials for lifelong learning and employability »).

Ce rapport confirme de la pertinence des micro-certifications pour : 

  • Répondre aux pénuries de main d’œuvre, en étant déployables bien plus rapidement qu’un parcours de formation plus conventionnel, 
  • Mieux accompagner les transitions professionnelles des actifs, en leur garantissant un ciblage plus précis des actions à entreprendre. 

Le rapport constate également une grande diversité de l’application de ces recommandations au sein de chaque pays concerné. Il faut dire, pour comprendre ces différences, que ces micro-certifications s’inscrivent, dans la quasi-totalité des pays, dans des dispositifs de formation préexistants. 

La France, une transcription des micro-certifications plus lisible ? 

En France, ces micro-certifications, qui ne sont pas toujours désignées sous ce terme, « existaient » déjà sous d’autres termes. En effet, la refonte de la formation continue (notamment avec la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018) distinguait déjà les certifications modulaires, les certifications professionnelles, …. 

Ces micro-certifications doivent répondre à des enjeux clairs (une compétence, un savoir-faire), rapidement accessible (formation courte ou ultra-courte). En France, ces certifications professionnelles sont déjà gérées dans deux répertoires distincts : 

  1. Le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) : Les plus de 5.000 références déjà inscrites au RNCP correspondent à un métier dans sa globalité. Un titre certifié RNCP doit donc permettre à l’apprenant d’être immédiatement opérationnel.  Tout titre RNCP doit être découpé en « blocs de compétences ». Ces blocs de compétences peuvent être utiles à celles et ceux, souhaitant rendre leur parcours plus progressif. Ils répondent donc à cette caractéristique d’ »empilables » souhaitée pour les micro-certifications. A l’inverse, puisqu’ils se concentrent à un « métier entier », les titres RNCP apparaissent peu compatibles avec l’exigence de brièveté, constitutive des micro-certifications. 
  2. Le Répertoire Spécifique (RS) : Moins connu que le précédent, le répertoire spécifique regroupe plus de 1.000 certificats et habilitations professionnelles. Chacune d’entre-elles attestent de compétences professionnelles dites « complémentaires ». Ce sont donc ces certificats, qui se rapprocheraient le plus de ces micro-certifications, même s’il faut alors prendre garde à ce qu’elles se complètent entre elles (l’aspect empilables). 

Ces difficultés à traduire les recommandations européennes dans le droit français peuvent donc s’expliquer par la structure même de notre système de formation professionnelle. Toujours est-il, qu’en incitant à des actions de formation plus courte et accessible directement en ligne, les recommandations européennes répondent aux objectifs des multiples dispositifs existants dans l’Hexagone : rendre la formation accessible à tous, entreprises et actifs, avec un objectif partagé : l’employabilité.